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Après 100 jours de détention : Khaled Drareni sera-t-il enfin libéré ?

Après 100 jours de détention : Khaled Drareni sera-t-il enfin libéré ?

Le dossier de Khaled Drareni a été renvoyé ce lundi 6 juillet devant le tribunal correctionnel. Le journaliste est incarcéré depuis 100 jours maintenant.

Khaled Drareni a été arrêté le 7 mars en compagnie de deux militants connus du hirak, Slimane Hamitouche et Samir Benlarbi, au cours d’une marche à Alger. Le 10 mars, ils ont été présentés devant le procureur de la République. Drareni a été placé sous contrôle judiciaire et ses deux co-accusés sous mandat de dépôt.

Le 28 mars, le contrôle judiciaire du journaliste est annulé en appel. Il rejoint aussitôt, à la prison de Koléa, Samir Benlarbi et Slimane Hamitouche. Ces deux derniers ont bénéficié jeudi 2 juillet d’une remise en liberté provisoire, mais pas Drareni, maintenu en détention « inexplicablement », selon ses avocats.

« Tous les trois ont les mêmes chefs d’accusation. On ne comprend pas que Drareni soit maintenu en détention. Ça s’est passé dans la précipitation, donc nous n’avons pas encore pris connaissance de l’ordonnance pour voir quelle est la motivation du juge, son explication quant au maintien de Drareni en détention et la libération des deux autres. Pour moi, si la loi devait s’appliquer, Khaled Drareni serait dehors. De plus, il n’a fait que son travail de journaliste », défend l’avocate Zoubida Assoul.

Celle-ci confirme par ailleurs qu’aucune demande de remise en liberté n’avait été introduite pour Benlarbi et Hamitouche qui ont donc bénéficié d’une remise en liberté « automatique », c’est-à-dire à l’initiative du juge d’instruction qui a ce pouvoir discrétionnaire.

De même qu’il n’y a pas de demande pour la libération de Drareni pour des raisons liées à la procédure. « On ne peut pas introduire de demande actuellement car entre une demande et une autre, il faut un délai d’un mois », explique-t-elle.

Depuis dimanche 5 juillet, des rumeurs insistantes annonçaient la libération du journaliste. « Au moment où je vous parle, il n’y a rien de nouveau. On attend une décision du juge d’instruction, soit un arrêt de renvoi, soit une libération automatique. Peut-être qu’on aura une décision en fin de matinée ou en début d’après-midi », a fait savoir Me Assoul, contactée dans la matinée de ce lundi 6 juillet.

L’avocate a vu juste, la décision est tombée peu avant midi. Le juge d’instruction a décidé de renvoyer le dossier de Drareni devant le tribunal correctionnel.

Sa libération n’est pas remise en cause

Ce qui signifie, d’un point de vue procédural, que la décision n’est plus entre les mains du juge d’instruction. Est-ce à dire que sa libération est tombée à l’eau ?

« Non, répond l’avocate après avoir pris connaissance de la décision. Maintenant qu’il y a une ordonnance de renvoi devant le tribunal, certainement, ils vont programmer l’affaire dans les plus brefs délais. Le tribunal peut lui accorder la libération provisoire et programmer le procès peut-être en septembre. »

« Le dossier est sorti des mains du juge d’instruction. Maintenant, c’est le parquet qui décide de la date de l’audience au cours de laquelle la liberté provisoire pourra être prononcée. Cela m’étonnerait que ce soit fait aujourd’hui, mais tout est possible, il se peut qu’ils l’enrôlent demain ou après-demain. Ils vont peut-être le remettre en liberté via une juridiction de siège et renvoyer le dossier à une date ultérieure », explique Me Asssoul.

Ceci, d’un point de vue procédural. Ceux qui croient à une proche libération du journaliste tiennent leur optimisme aussi des événements qui se sont succédé en fin de semaine dernière avec la grâce présidentielle au profit de détenus du hirak, la libération par la justice de Karim Tabbou, Amira Bouraoui, Slimane Hamitouche et Samir Benlarbi et les déclarations faites par le président de la République samedi sur France 24.

« C’est possible (que d’autre détenus soient libérés, NDLR). Nous avons une période qui nécessite l’effort de tous les Algériens et toutes les Algériennes. Je pense qu’on peut ne pas s’entendre sur une démarche, mais nous allons vers un climat beaucoup plus apaisé qui permette de procéder et d’aller vers les changements que j’ai promis personnellement », a indiqué Abdelmadjid Tebboune.

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