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Épilogue de la saison footballistique : plus d’heureux que de mécontents ?

Épilogue de la saison footballistique : plus d’heureux que de mécontents ?

Le championnat d’Algérie de football n’ira pas à son terme. La FAF a validé ce mercredi son arrêt, faisant sans doute plus d’heureux que de mécontents.

Même si elle n’est pas allée à son terme, cette saison 2019-2020 aura été la plus longue de l’histoire du football algérien. Il a fallu attendre la fin du mois de juillet pour connaître l’épilogue des deux championnats professionnels de football, tandis que le sort d’autres compétitions reste en suspens.

En situation normale, c’est la période où les équipes commencent à renter de leurs stages d’intersaison à l’étranger pour entamer la nouvelle saison qui commence habituellement dans la seconde moitié d’août.

La Fédération algérienne de football (FAF) a donc finalement tranché. Réuni ce mercredi 29 juillet, le bureau fédéral a décrété la fin de la saison avec octroi du titre de champion d’Algérie de football au CR Belouizdad, leader à l’issue des 22 journées jouées avant la suspension de la compétition en mars dernier.

L’autre décision phare du BF, c’est celle d’annuler la relégation et de faire accéder quatre équipes de la Ligue 2 en Ligue 1. Il s’agit de l’Olympique de Médéa, de la JSM Skikda, du Widad de Tlemcen et du RC Relizane, soit les quatre premiers au classement avant l’arrêt de la compétition.

Cette décision aura comme retombée le changement automatique du système de compétition. La Ligue 1 comptera la saison prochaine 20 équipes, contre 16 jusque-là. Au cours de sa réunion de ce mercredi, le bureau fédéral n’a fait qu’entériner le choix des membres de l’assemblée générale, consultés par écrit et invités à choisir entre trois options : décréter une saison blanche, désigner le champion, les promus et les relégués, ou désigner le champion et les promus sans relégation.

Les membres de l’AG ont donc opté pour ce troisième choix qui fait le moins de mécontents possible. Un choix que seuls les poursuivants immédiats du CRB au classement pourraient contester, et éventuellement les clubs de la Ligue 2 qui avaient encore des chances d’accéder.

Le Mouloudia d’Alger, deuxième au classement de la Ligue 1 avec l’Entente de Sétif, a fait savoir dans un communiqué diffusé mardi soir son opposition à l’octroi du titre au CRB, indiquant que le championnat doit se gagner sur le terrain. L’Entente, ainsi que la JS Kabylie (4e), ont préféré ne pas s’exprimer lors de la consultation lancée par le bureau fédéral.

Une perte de temps inutile

« La direction du Mouloudia réitère son refus total et absolu de l’attribution du titre non mérité au leader actuel », a écrit la direction du vieux club algérois avant même la tenue de la réunion du BF, auquel elle a demandé de prendre une décision sage qui éviterait des dérapages en déclarant une saison blanche ou la reprise de la compétition.

Première conséquence donc de la décision de la FAF, le nouveau champion est déjà contesté et qualifié de non mérité. Il est vrai que le Chabab, après une belle première partie de saison, était quelque peu en perte de vitesse dans la phase retour.

L’entente de Sétif par exemple a fait un parcours nettement meilleur et au rythme des résultats des équipes de têtes ces derniers mois, les Sétifiens pouvaient largement prétendre à la consécration.

A huit journées de la fin, le Mouloudia aussi pouvait refaire facilement son retard de trois mois. Ceci, pour comprendre la frustration exprimée par la direction du Doyen.

Une frustration qui pourrait s’étendre à la Ligue 2, précisément aux équipes classées juste derrière les quatre premiers qui, grâce à la décision du BF, joueront la saison prochaine parmi l’élite sans avoir mené jusqu’au bout la lutte féroce pour l’accession.

Sans relégation, la Ligue 1 se retrouve donc à 20 clubs, soit huit journées supplémentaires à caser dans le calendrier que la Ligue de football professionnel arrivant déjà difficilement à gérer avec 16 clubs. Ce sera aussi synonyme de dépenses supplémentaires pour les trésoreries des clubs, pour la plus part au bord de la faillite.

Cela dit, il s’agit du choix le moins mauvais. Les autres options auraient suscité des oppositions plus véhémentes notamment de la part de ceux qui auront été privés d’accession ou des relégués qui n’auront pas eu l’occasion de défendre leurs chances jusqu’au bout.

Un champion contesté, c’est mieux que des relégués sur tapis vert. La fédération a en quelque sorte fait plus d’heureux que de mécontents. Le seul reproche qui peut lui être fait c’est d’avoir trop tergiversé, perdant un temps précieux pour finalement opter pour une décision qui pouvait être prise au moins lors de la recrudescence de l’épidémie, fin juin.

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