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Prix du pétrole : l’Arabie saoudite accusé d’agir pour des « considérations politiques et diplomatiques »

Prix du pétrole : l’Arabie saoudite accusé d’agir pour des “considérations politiques et diplomatiques”

Le directeur exécutif de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), Fatih Birol, a dénoncé, ce mercredi 25 mars, le rôle de l’Arabie saoudite et de la Russie dans la situation actuelle du marché du pétrole marqué par une dégringolade des cours dans un contexte de propagation du coronavirus.

« Les citoyens du monde se souviendront que des grandes puissances qui avaient le pouvoir de stabiliser l’économie de nombreux pays dans une période de pandémie sans précédent ont décidé de ne pas l’exercer. L’histoire les jugera », a-t-il affirmé dans un entretien au journal économique français Les Echos.

Fatih Birol a rappelé le risque de déstabilisation que fait peser la situation actuelle sur certains pays producteurs. L’AIE avait dès le début de la crise exprimé sa crainte d’impacts économiques et sociaux « majeurs » pour les pays producteurs de pétrole, notamment les plus vulnérables.

L’Algérie a annoncé cette semaine des mesures drastiques, dont une forte baisse des importations et une réduction de 30% de son budget de fonctionnement pour faire face à la crise.

L’Arabie saoudite, qui a choisi d’inonder le marché en dépit de l’effondrement de la demande avec la pandémie du nouveau coronavirus, « se fait du mal à elle-même en faisant chuter les cours » mais agit pour « des considérations politiques et diplomatiques », a-t-il ajouté.

La Russie, qui a refusé de nouveaux accords avec l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) pour limiter leur production, joue pour sa part un « jeu de roulette russe » pour terrasser la production de pétrole de schiste aux États-Unis, mais «cela ne marchera pas », selon Fatih Birol.

« Dès que la demande mondiale de pétrole repartira, les cours remonteront et le schiste fera vite son retour », estime-t-il. Pour sortir de la crise, Fatih Birol voit soit «une relance économique généralisée après la pandémie » pour soutenir la demande, soit un accord des grands pays producteurs pour « stabiliser la production ».

« Je suis en contact régulier avec le secrétaire général de l’Opep et avec les ministres des États exportateurs. Il y a des contacts informels mais rien de concret n’en est ressorti pour l’instant », indique-t-il.

Pour sa part, le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo a appelé hier mardi l’Arabie saoudite à « rassurer les marchés énergétiques et financiers » face à la crise économique mondiale qui se profile, selon un communiqué publié mercredi par la diplomatie américaine, dans un contexte de guerre des prix entre les membres des pays exportateurs de pétrole (Opep) et leur allié russe.

Dans un entretien au téléphone avec le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, le secrétaire d’État a estimé que Ryad, « en tant que président du G20″ cette année « et important leader énergétique », avait « une réelle occasion de se montrer à la hauteur des enjeux ».

Ce mercredi, les prix du pétrole ont fini en hausse, portés par l’espoir de l’adoption imminente d’un plan d’aide économique massif aux États-Unis pour faire face aux conséquences dévastatrices du nouveau coronavirus.

Le baril de Brent, référence pour le pétrole algérien, a fini à 27,39 dollars, en hausse de 0,9%. A New York, le baril américain de WTI a pris 2%, à 24,49 dollars.

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