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Reprise de la compétition : le football algérien otage de ses acteurs

Reprise de la compétition : le football algérien otage de ses acteurs

L’Algérie est l’un des rares pays au monde où le championnat de football est laissé en suspens, avec en arrière-plan, se joue l’avenir du président de la FAF Kheireddine Zetchi.

Suspendues à cause de la crise sanitaire du Covid-19, les compétitions sportives ont néanmoins repris dans de nombreux pays, même chez les plus touchés par la pandémie.

Espagne, Angleterre, Italie, tous les grands championnats de football sont allés à leur terme, ou sont sur le point de l’être. Y compris la Ligue1 française qui n’a pas repris mais qui a vu la fédération locale désigner et le champion et les relégués, en prenant en compte les matchs joués avant la suspension.

En Algérie, non seulement le championnat de football (et toutes les compétitions des autres disciplines) n’a pas repris, mais on ne sait toujours pas quand il reprendra ni même s’il reprendra.

La question, d’une grande simplicité pourtant, n’arrive pas à être tranchée. Est-ce à cause de quelque particularité de la crise sanitaire en Algérie ? Sans doute pas. Il se trouve juste qu’on a fait de la reprise ou non une affaire compliquée, au centre d’un bras de fer entre plusieurs parties, comme on en a l’habitude de voir dans le football algérien depuis plusieurs années. Avec, en filigrane, l’avenir de Kheireddine Zetchi à la tête de la fédération.

Il suffisait à la FAF, comme l’ont fait les Français, de déclarer le premier au classement, le CR Belouizdad en l’occurrence, champion et d’envoyer les trois derniers en division inférieure, ou de programmer les neuf matchs restants à huis clos et avec toutes les mesures de prévention nécessaires.

La situation épidémiologique de l’Algérie n’est tout de même pas plus dramatique que celle qui prévalait –et qui prévaut toujours- en Espagne, au Royaume-Uni et en Italie.

La FAF a dans un premier temps tranché en faveur de la reprise, mais cela n’a pas pu se faire à cause du véto des autorités politiques qui ont mis en avant la situation sanitaire.

Le 9 juillet, le ministère de la Jeunesse et des Sports avait fait savoir que seuls les athlètes qualifiés ou qualifiables aux Jeux olympiques de Tokyo étaient autorisés à reprendre les entraînements.

Une manière d’exprimer son opposition au projet de reprise du championnat de football. Le 15 juillet, une autre initiative du Bureau fédéral, celle de convoquer une assemblée générale pour trancher définitivement la question, et un autre véto du ministère qui montre presque à Zetchi la porte de sortie en signifiant que l’assemblée générale ne peut être réunie que pour recevoir la démission du président de la FAF.

La priorité est ailleurs

Les présidents de clubs n’ont pas facilité la tâche à celui-ci, en refusant et la reprise et toute décision qui n’irait pas dans le sens des intérêts de leurs clubs respectifs.

Le CRB veut être déclaré champion, un avis que ne partagent pas ses poursuivants, les derniers au classement ne souhaitent pas descendre, les premiers de la Ligue 2 veulent monter…

Dans cet imbroglio, le président de la FAF se trouve de plus en plus isolé. Même celui de la Ligue professionnelle, Abdelkrim Medouar, ne l’a pas épargné. Certains présidents de clubs appellent carrément à sa démission, comme l’a fait le président de la JSK samedi.

Ayant sans doute compris les visées de leurs détracteurs, et pour ne rien assumer, Zetchi et son bureau fédéral tiennent malgré tout à consulter « par écrit » tous les clubs auxquels sont proposées trois options : saison blanche, désignation du champion et des relégués ou octroi du titre sans relégation. Il n’est pas sûr néanmoins que la décision qui sera prise calme tout le monde.

Encore une fois, les acteurs du football algérien ont préféré faire de la situation induite par la conjoncture sanitaire une occasion pour s’adonner à leur sport favori, le règlement de comptes.

Ils se trompent sur la priorité du moment qui est de définir le devenir de la compétition pour préparer la prochaine saison sans perdre davantage de temps.

Le sort du président de la FAF est important, mais il y a plus urgent. Si celui-ci a failli et doit partir, il partira, sans doute dans les mêmes conditions de sa venue il y a trois ans en remplacement de Mohamed Raouraoua. Il n’est du reste plus en odeur de sainteté depuis, paradoxalement, le triomphe de l’équipe nationale en Coupe d’Afrique des nations, il y a tout juste une année.

Mais la priorité est ailleurs. L’Algérie est l’un des rares pays au monde à laisser en suspens le sort de la saison sportive.

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